Alors, il fait ses nuits ?

Elle résonne encore à vos oreilles cette petite phrase ?

De la grand-mère bien intentionnée au commerçant attentif, du collègue de travail railleur, à la bonne copine agacée de voir ses amis fatigués, tous l’ont à la bouche cette question qui nous mine. Faisons grâce à bébé de quelques semaines : elle commence souvent seulement aux alentours des 1 mois pour ne presque plus s’arrêter… Si bébé est au biberon on va chercher des causes multiples et variées : « il fait ses dents » ; « il a eu une journée agitée » ; « il a mal au ventre », etc.

Quand on allaite, je vous assure que c’est beaucoup plus simple : parce que s’il ne « les fait pas » ces satanées nuits, c’est bien évidemment de la faute de l’allaitement. Lait pas assez riche, mauvaises habitudes prises, trop de proximité, j’en passe et des meilleures, des fausses bonnes raisons d’accuser l’allaitement de nos nuits agitées.

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A tous je vais dire un truc : un enfant n’a le même rythme de sommeil qu’un adulte pas avant…, cela va dépendre, 4 ou 5 ans… C’est PHYSIOLOGIQUE. Il y aura bien sûr les exceptions qui confirmeront la règle et dormiront dès la maternité 5 heures d’affilé (ça c’est une nuit pour un nourrisson, pas pour ses parents 😉 Attention, bébé allaité qui fait ainsi sa nuit aussi vite peut ne pas se nourrir suffisamment. Vigilance absolue nécessaire !), ceux qui les feront à 2 ou 3 mois et puis… se réveilleront à nouveau 2 mois plus tard, ceux qui mettront longtemps, longtemps, trop longtemps pour leurs parents. Puis tous ceux qui ne cesseront de faire des allers retours entre des plages de sommeil courtes et longues.

Je ne cesserai de me répéter : nous sommes tous différents. Pour le sommeil c’est la même chose, il y a les gros et les petits dormeurs ; ceux qu’un vol de papillon réveillent et ceux qui « dorment comme un bébé »  (curieuse cette expression non ?) même à côté d’un marteau-piqueur.

Alors comment survivre me direz-vous ? Peut-être en imaginant des solutions transitoires qui permettent à tous d’avoir un temps de repos optimal : une chambre familiale par exemple, où grands et petits DORMENT ; un matelas posé au sol dans la chambre de l’enfant pour finir sa nuit avec lui, peut-être pendant qu’il joue de son côté (si si c’est possible, quand on est fatigué, fatigué, fatigué) ; des matelas de camping qui surgissent ponctuellement dans la chambre des parents pour les enfants plus grands ; ou encore un enfant qui va dormir (mieux) avec ses frères et sœurs plus grands. L’important c’est de dormir, peu importe où et comment car la fatigue est la source de toutes les tensions.

L’avantage avec l’allaitement (et oui, je ne peux parler ici que de ce que je connais…) c’est quand même que tout est en un et que tout est prêt immédiatement : lait à bonne température bien sûr, mais aussi réconfort et câlins (ne me faites pas dire ce que je ne pense pas une seconde : évidemment que réconfort et câlins sont possibles avec un biberon mais il faut avant s’être levé pour le préparer, il faut le tenir un minimum et puis… pour peu qu’il soit mal fermé…). Bref, j’ai même réussi à faire des « grasses » matinée avec des petits (heu… levée à 9h. 9h30, n’exagérons rien !) simplement en nous rendormant l’un contre l’autre.

Alors s’il vous plait cessez de vous dire que votre enfant n’est pas « dans la norme » ; cessez de penser que vous faites mal. Oui, oui et oui, un bébé c’est une merveilleuse aventure mais une merveilleuse aventure EPUISANTE. Je défie tous ceux qui ont été chercher le grand frisson à l’autre bout du monde, à un rythme effréné, dans des conditions extrêmes, de revenir indemnes du voyage dans la parentalité.

Partageons nos manières de vivre nos nuits avec (malgré ?) nos petits, pour que chacune, chacun, y puise des idées et trouve sa manière nocturne de se reposer…enfin.

PS désolée pour mon silence ces dernières semaines mais je parle beaucoup allaitement par ailleurs et le temps me manque : très bientôt des nouvelles à ce sujet. Merci.