Inexium, Gaviscon… je vous mets autre chose ?

Je vous informe d’une épidémie absolument épouvantable qui touche tous les bébés de manière générale, mais j’ai l’impression qu’elle est encore plus présente chez les bébés allaités : le RGO. Qu’est-ce que ce truc là ? C’est contagieux ? Le Reflux Gastro Oesophagien. A priori ce n’est pas contagieux puisque « mécanique » or il y a comme une épidémie qui se propage pourtant depuis plusieurs années. A toute épidémie, ses molécules chimiques toutes puissantes qui en règlent « magiquement » les symptômes : des médicaments.

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Je pense que vous sentez ma pointe d’agacement. Loin de moi l’idée de dire que le RGO n’existe pas. De nombreux bébés en souffrent véritablement comme de nombreux bébés sont multi-allergiques, allergies très souvent cause de RGO. Des bébés qui vont mal et dont les mamans ne sont pas prises au sérieux parce qu’elles allaitent et que tout ce qui ne va pas bien chez leur bébé est « la faute de l’allaitement », non celle d’une éventuelle difficulté physiologique chez leur enfant. Des parents qui ont vécu cela pourront, je l’espère apporter leur témoignage en complément de ces lignes.

Aujourd’hui je m’intéresse plutôt à ces « bébés RGO » qui ont eu le malheur qu’on leur appose très rapidement cette étiquette. Parce qu’ils pleurent beaucoup, parce qu’ils sont énervés pendant la tétée, parce qu’ils se tortillent et semblent souffrir après la tétée. Visiblement ils ne vont pas bien. Ils ont besoin d’aide, tout autant que leurs parents douloureusement impuissants. Mais cette aide doit-elle forcément être médicamenteuse ?

Je me souviens de cette amie, il y a très longtemps, alors que nos bébés avaient 3 mois qui me disait « c’est dingue le nombre de médicaments qu’ils prennent à cet âge ! » et moi de la regarder avec certainement une lueur d’incompréhension dans l’oeil en répondant un « heuuuuu, j’sais pas » peu soutenant.

Je me souviens aussi  plus récemment de ce bébé dont la maman, encore à la maternité disait, « mon deuxième bébé RGO »… Comme si c’était le deuxième petit brun, ou la deuxième petite fille ! En discutant, je lui ai proposé de laisser du temps à son nourrisson pour trouver ses marques. Il venait juste de débarquer parmi nous et il ne rentrait pas aussitôt dans un moule ? Rien de plus normal non ? Je vais encore une fois reprendre une de mes phrases favorites : bien souvent le temps est un allié en matière d’allaitement ; 8 jours plus tard, la maman reconnaissait que son tout petit n’avait rien d’un « bébé RGO »…

Dans mes consultations allaitement il m’arrive  bien sûr de voir des bébés tendus, clairement mal à l’aise ; alors, avec leurs parents, je cherche des pistes… Comment se passe la journée ? Est-ce qu’il semble agité ainsi après chaque tétée ? Qu’en est-il des tétées de nuit ? Y a t-il des allergies dans la famille ? Pouvez-vous me raconter sa naissance ? Quelle est votre position d’allaitement favorite ? Pouvez-vous me décrire une tétée ? Etc, etc… Cela prend certes du temps. Un temps précieux pour écouter, accueillir, accompagner, envisager différentes solutions. Un temps qui permet d’aller à la rencontre de cet inconnu qu’est le nouveau-né. Ensemble nous ne manierons pas une baguette magique qui aplanira toutes les difficultés, mais ensemble nous tenterons d’aller à la découverte de la cause plutôt que de stopper l’effet systématiquement à l’aide de la chimie.

  • Pour information, les éléments diffusés auprès du grand public donnent la posologie de l’Inexium, sur prescription médicale, uniquement pour adultes et enfants de plus de 12 ans, pour les enfants à partir de 1 an, il faut consulter la notice. Rien donc sur les nourrissons…
  • Quant au Gaviscon, voici la posologie habituellement recommandée auprès du grand public, toujours sur prescription médicale :
    – Nourisson de 4 à 18 mois: 2,5 ml de suspension buvable Nourrisson après    chacun  des 4 repas.
    – Nourisson de 2 à 4 mois : 2 ml de suspension buvable Nourrisson après chacun des 5 repas.
    – Nourisson de 1 à 2 mois : 1,5 ml de suspension buvable Nourrisson après     chacun des 5 repas.
    – Nouveau-né de 0 à 1 mois : 1 ml de suspension buvable Nourrisson après     chacun des 6 repas.

         Ce qui sous-entend que bébé est réglé comme une horloge suisse dans le rythme              de ses tétées… 

Bon, maintenant il faut qu’il MANGE

J’ouvre une parenthèse avant d’en venir au cœur de mon sujet, aujourd’hui la diversification alimentaire : (désolée pour mon absence ces dernières semaines : je ne cesse de parler allaitement par l’intermédiaire du livre et de l’exposition « A chacune son chemin pour un allaitement paisible » et j’ai du mal à reprendre mon souffle pour me mettre à écrire… Je vais faire en sorte de renouer avec mon rythme hebdomadaire et remercie d’avance les personnes qui me lisent régulièrement pour leur indulgence) parenthèse refermée !

Et bien oui il faut qu’il mange ce bébé, que les choses sérieuses commencent enfin, parce qu’avant, il faut bien le dire, c’était de la franche rigolade… Je plaisante bien sûr. J’avoue que j’ai moi-même longtemps eu du mal lorsqu’une maman allaitante me disait « il a mangé à telle heure » ; « il veut encore manger, c’est normal ? », tellement pour moi manger et téter étaient deux actes différents. Ou plutôt tellement l’action de téter dépassait largement le cadre de l’alimentation : évidemment bébé se nourrit en tétant, mais il fait simultanément tant d’autres choses, se rassurer, se consoler, humer de bonnes odeurs, se soigner, se faire câliner, s’endormir, etc. Il fallait de ce fait à mon cerveau une fraction de seconde pour comprendre que manger signifiait téter… Un peu idiot non ? Du coup il n’est peut-être pas étonnant que beaucoup de personnes imaginent également, dans un sens moins positif, que téter ce n’est pas vraiment manger.

bébécuillèreRappelons deux points qui me semblent important :

  1. le lait, quel qu’il soit (j’ai toutefois une large préférence pour le lait maternel ;)) reste l’aliment principal du petit humain jusqu’aux alentours de ses 1 ans ; la diversification est donc au départ davantage une découverte de nouvelles textures (et goûts pour les bébés non nourris au lait maternel) qu’un moyen de se nourrir et de grossir.
  2.  L’OMS invite les mamans du mondes entier à allaiter leur bébé exclusivement jusqu’aux 6 mois de celui-ci.

De plus en plus souvent, je rencontre des femmes à qui « on » (je n’insisterai pas sur l’identité du « on », j’espère réussir à y revenir dans un prochain article) dit qu’il est bon de commencer la diversification dès 4 mois. Sans forcément qu’il y ait une argumentation à cela. J’ai même lu récemment « il est important que bébé ait goûté le maximum de choses entre 4 et 7 mois »… Parfois j’ai l’impression qu’il y a un joyeux amalgame entre ce qui est dit par les instances officielles et ce que certains professionnels de l’agro-alimentaire aimeraient qu’il se passe dans la réalité. On parle par exemple effectivement de « fenêtres d’opportunité » entre 4 et 7 mois pour l’introduction de gluten ou d’aliments allergènes dans certaines familles au terrain allergique avéré. Et hop tout le monde s’engouffre dans ces fenêtres qui se transforment en portes voire en immenses baies vitrées ! Lire la suite

J’allaite ou j’allaite pas ?

Enceinte depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois, notre tête fourmille de questions en tout genre. Celle-ci peut en faire partie. Ou pas.

Je m’explique. Soit pour nous l’allaitement s’impose comme une évidence parce que toutes les femmes de notre famille l’ont fait et que cela nous semble logique à l’issue de la grossesse ; ou bien parce que l’on s’est renseignée, on a lu, on en a parlé autour de nous et que la raison nous fait penser que « c’est le mieux pour le bébé » ; ou bien enfin parce c’est une évidence un point c’est tout pour une cause qui nous est totalement inconnue, peut-être par esprit de contradiction (c’est ce qui m’est arrivée alors que cela fait belle lurette qu’on n’allaite plus dans ma famille…) .

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Soit pour nous le « non-allaitement » est un fait indiscutable ; parce que notre entourage ne nous a rapporté que des mauvaises expériences, douloureuses, contraignantes et donc peu encourageantes ; parce que l’idée même d’utiliser notre corps pour cela nous répugne, on ne sait pas vraiment pourquoi, mais c’est comme ça ; parce que cela nous semble normal, plus facile, plus pratique. Bref, on donnera le biberon sans hésiter.

Et puis il y a toutes les femmes qui ne savent vraiment, vraiment pas que faire en la matière, et pour lesquelles cette question est permanente.

S’INFORMER

Que l’on soit dans une certitude totale quant à notre décision (envie ou pas envie) ou dans un brouillard des plus opaques, je ne peux qu’inviter chacune à S’INFORMER avant l’arrivée de bébé. S’informer cela ne veut pas dire seulement discuter avec la bonne copine, la mère ou la voisine, lire ce qu’en dit la presse « familiale », ou prendre pour argent comptant ce qui nous est dit à la maternité. Non, s’informer véritablement pour faire un choix véritablement éclairé c’est aller bien au-delà de tout ça. C’est lire des livres ou revues consacrés exclusivement à l’allaitement, écrit par des personnes formées à la question ; c’est participer, en dehors de toute structure médicale, à des rencontres de soutien de mères à mères pour y piocher ce qui nous convient, voir ce que vivent les autres, et nous faire ensuite notre propre idée ; c’est faire éventuellement appel à un professionnel de l’allaitement (IBCLC ou DU d’allaitement) pour avoir une personne ressource à contacter si besoin.

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Alors, il fait ses nuits ?

Elle résonne encore à vos oreilles cette petite phrase ?

De la grand-mère bien intentionnée au commerçant attentif, du collègue de travail railleur, à la bonne copine agacée de voir ses amis fatigués, tous l’ont à la bouche cette question qui nous mine. Faisons grâce à bébé de quelques semaines : elle commence souvent seulement aux alentours des 1 mois pour ne presque plus s’arrêter… Si bébé est au biberon on va chercher des causes multiples et variées : « il fait ses dents » ; « il a eu une journée agitée » ; « il a mal au ventre », etc.

Quand on allaite, je vous assure que c’est beaucoup plus simple : parce que s’il ne « les fait pas » ces satanées nuits, c’est bien évidemment de la faute de l’allaitement. Lait pas assez riche, mauvaises habitudes prises, trop de proximité, j’en passe et des meilleures, des fausses bonnes raisons d’accuser l’allaitement de nos nuits agitées.

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A tous je vais dire un truc : un enfant n’a le même rythme de sommeil qu’un adulte pas avant…, cela va dépendre, 4 ou 5 ans… C’est PHYSIOLOGIQUE. Il y aura bien sûr les exceptions qui confirmeront la règle et dormiront dès la maternité 5 heures d’affilé (ça c’est une nuit pour un nourrisson, pas pour ses parents 😉 Attention, bébé allaité qui fait ainsi sa nuit aussi vite peut ne pas se nourrir suffisamment. Vigilance absolue nécessaire !), ceux qui les feront à 2 ou 3 mois et puis… se réveilleront à nouveau 2 mois plus tard, ceux qui mettront longtemps, longtemps, trop longtemps pour leurs parents. Puis tous ceux qui ne cesseront de faire des allers retours entre des plages de sommeil courtes et longues.

Je ne cesserai de me répéter : nous sommes tous différents. Pour le sommeil c’est la même chose, il y a les gros et les petits dormeurs ; ceux qu’un vol de papillon réveillent et ceux qui « dorment comme un bébé »  (curieuse cette expression non ?) même à côté d’un marteau-piqueur.

Alors comment survivre me direz-vous ? Peut-être en imaginant des solutions transitoires qui permettent à tous d’avoir un temps de repos optimal : une chambre familiale par exemple, où grands et petits DORMENT ; un matelas posé au sol dans la chambre de l’enfant pour finir sa nuit avec lui, peut-être pendant qu’il joue de son côté (si si c’est possible, quand on est fatigué, fatigué, fatigué) ; des matelas de camping qui surgissent ponctuellement dans la chambre des parents pour les enfants plus grands ; ou encore un enfant qui va dormir (mieux) avec ses frères et sœurs plus grands. L’important c’est de dormir, peu importe où et comment car la fatigue est la source de toutes les tensions.

L’avantage avec l’allaitement (et oui, je ne peux parler ici que de ce que je connais…) c’est quand même que tout est en un et que tout est prêt immédiatement : lait à bonne température bien sûr, mais aussi réconfort et câlins (ne me faites pas dire ce que je ne pense pas une seconde : évidemment que réconfort et câlins sont possibles avec un biberon mais il faut avant s’être levé pour le préparer, il faut le tenir un minimum et puis… pour peu qu’il soit mal fermé…). Bref, j’ai même réussi à faire des « grasses » matinée avec des petits (heu… levée à 9h. 9h30, n’exagérons rien !) simplement en nous rendormant l’un contre l’autre.

Alors s’il vous plait cessez de vous dire que votre enfant n’est pas « dans la norme » ; cessez de penser que vous faites mal. Oui, oui et oui, un bébé c’est une merveilleuse aventure mais une merveilleuse aventure EPUISANTE. Je défie tous ceux qui ont été chercher le grand frisson à l’autre bout du monde, à un rythme effréné, dans des conditions extrêmes, de revenir indemnes du voyage dans la parentalité.

Partageons nos manières de vivre nos nuits avec (malgré ?) nos petits, pour que chacune, chacun, y puise des idées et trouve sa manière nocturne de se reposer…enfin.

PS désolée pour mon silence ces dernières semaines mais je parle beaucoup allaitement par ailleurs et le temps me manque : très bientôt des nouvelles à ce sujet. Merci.

« Qui » de la sucette (tétine, « suce ») ou du sein a été « inventé » en premier ? ? ?

Comme pour tout ce qui touche à la petite enfance il y a les farouchement contre la sucette et les tout aussi fermement pour. Chacun pour des raisons bien argumentées et totalement défendables.

Tosse

En ce qui me concerne je me rangerais plutôt dans la catégorie des « non-fans » sans qu’il y ait la moindre raison scientifique à cette position. D’abord pour une question purement esthétique : voir un tout petit tout mignon « décoré » par un machin en plastique qui lui mange le visage heurte ma soif d’harmonie ! Ensuite, je me dis qu’un enfant décide lui-même de mettre ou non un doigt à la bouche, alors que la mise de la sucette est une volonté extérieure qui lui est imposée, tout au moins lorsqu’il est nourrisson ; cela va à l’encontre de mon envie d’écouter les besoins des bébés. (J’ai entendu dire qu’au Québec elle était appelée « silencieux », est-ce vrai ? Si c’est le cas, cela montre que parfois elle répond davantage aux désirs des parents que du bébé ;)). Enfin, il me semble que plus tard un bambin ayant besoin de ses deux mains pour partir à la découverte du monde, il utilise son pouce dans les seuls moments qui lui sont réellement nécessaires mais pas en jouant ou en explorant. Et puis… sa bouche est libre pour qu’il s’exprime comme il le souhaite !

Tout ceci ne m’a pas empêchée de passer de longs moments avec mon petit doigt dans la bouche de bébé pour répondre à un besoin de succion exigeant…

Et sa santé bucco-dentaire vont s’insurger les « pro » sucette ? Ben… il y a l’allaitement bien sûr ;). Voir à ce sujet des informations variées dans l’article de Muriel Defrenne,(Dr en chirurgie-dentaire, consultante en lactation IBCLC, formatrice Am-f, animatrice LLL France), Allaiter Aujourd’hui n°92.

Ceci étant dit, mon propos aujourd’hui n’a pas pour volonté de « diaboliser » ce qui est quasiment devenu dans nos sociétés le symbole des bébés. Mais plutôt de faire en sorte que la sucette soit utilisée à bon escient car elle peut avoir un impact réel et négatif sur l’allaitement.

J’ai envie de partager avec vous cette histoire qui m’a profondément marquée, puisqu’il s’agit de ma toute première consultation en tant que consultante en lactation IBCLC, il y a quelques années de cela. Une maman m’appelle à l’aide car son médecin veut qu’elle donne des compléments à sa fille de 2 mois en raison d’une faible prise de poids. Au téléphone, toute heureuse de ce premier rendez-vous, je ne prends pas vraiment conscience de la gravité de la situation, et comme je suis allergique aux chiffres, je ne retiens pas celui qui m’a été donné. Quand je vois bébé arriver, bien active, éveillée, mais sans joues rondes et potelées la réalité me rattrape : alors que la prise de poids était correcte le premier mois, Pitchounette a pris 30 g au cours du 2ème mois… 30 g seulement en 1 mois … Pour vous faire une idée, un bébé prend, en moyenne, 25 à 30 g. par jour ! ! ! Je commence à évoquer l’idée que les compléments sont vraiment nécessaires parfois et nous passons en revue ce qui a changé dans le mois précédent.

Très vite, je comprends d’où peut venir le problème : l’entourage a commencé à dire à la maman qu’elle prenait son bébé trop souvent dans les bras, qu’elle lui donnait de mauvaises habitudes, qu’elle lui donnait trop fréquemment à téter, qu’il fallait que la petite prenne la sucette pour apprendre à rester seule dans son lit. (Faisons abstraction du fait que je trouve ces paroles déplacées pour un petit bébé de 1 mois qui jusqu’à peu était bercé et nourrit 24/24 par sa maman.) Cette manière de faire, observée à la lettre par les parents pensant que c’étaient eux qui avaient tort, a conduit à une prise de poids catastrophique.

Un nourrisson peut confondre son besoin de s’alimenter et son besoin de succion : en premier lieu il est primordial de répondre au premier ; proposer le sein aux signes d’éveil est l’une des bases d’un allaitement réussi. Utiliser la tétine, seulement après des tétées efficaces, est la base d’une bonne cohabitation allaitement / sucette.

Après qu’ils aient entendu les informations que j’avais à leur transmettre pour inverser la tendance (augmenter le nombre de tétées, veiller à leur efficacité, veiller aux signes d’éveil, limiter et même supprimer pour un temps la sucette et donner un complément au sein par le biais d’un DAL* de préférence ou d’un biberon donné après chaque tétée) les parents décident de ne pas complémenter leur fille et de mettre en place mes autres propositions. Malgré tout inquiète de cette décision, je n’ai pu m’empêcher de les rappeler tous les 2 jours pour savoir comment les choses se passaient. Le poids augmente peu à peu et 7 jours plus tard le verdict tombe : 290 g pris en 7 jours !

Durant tout le dernier mois sans prise de poids, bébé était calme, ne pleurait pas, n’inquiétait pas ses parents : il avait fréquemment la sucette en bouche… Elle n’est pas seule responsable de la situation ; c’est son utilisation excessive qui est en cause. Heureusement que la lactation de la maman s’était bien installée car elle aurait aussi pu accuser une baisse de production en raison du manque de fréquence des tétées. Un problème de poids en aurait entraîné beaucoup d’autres…

Et vous, comment vous servez-vous de la tétine ? Ponctuellement ? Jamais ?Systématiquement ? Partageons nos manières de faire pour donner des idées aux uns et aux autres ! Sans rentrer s’il vous plaît dans le débat stérile du pour ou contre 😉

*DAL : Dispositif d’Aide à la Lactation qui permet de complémenter tout en laissant bébé au sein.

Et si on parlait allaitement à la radio ?

Aujourd’hui, je vais vous parler d’allaitement « pour de vrai » : RCF Tarn m’a donné l’opportunité de m’exprimer sur le sujet et j’y suis allée avec beaucoup de plaisir. J’ai découvert un monde qui m’était totalement inconnu de ce côté-là des coulisses et pour, en plus, parler de mon sujet favori : le bonheur total !

rcf

Je vous propose ci-dessous les liens vers les émissions « Incroyables aliments » qui ont été diffusées en avril, mai et juin de cette année. Il vous suffit de cliquer sur la date de celle qui peut vous intéresser. D’accord, cela vous prendra davantage que 2 minutes de lecture (chaque émission dure 10mn) mais rien ne vous empêche de continuer à « surfer », préparer le dîner, régler les dernières factures ou câliner un petit, tout en prêtant une oreille (attentive ;)) à mes propos que j’espère intéressants. Bien sûr, je vous invite à y revenir en plusieurs fois…

Merci pour votre attention !

Emission du 21 avril 2015 Les thèmes abordés :

  • Qu’est qu’une consultante en lactation IBCLC ?
  • Où en est-on en matière d’allaitement en France ?
  • S’informer avant la naissance : les différentes ressources

Emission du 19 mai 2015 – Les thèmes abordés :

  • Qu’est-ce qu’une consultation en allaitement ?
  • La place du papa dans l’allaitement
  • Allaitement et santé publique

Emission du 23 juin 2015 – Les thèmes abordés :

  • L’exposition et le livre « A chacune son chemin pour un allaitement paisible », la SMAM
  • Allaitement et reprise du travail

Etre bien accompagnée, qu’est-ce que ça veut dire ?

Evidemment, en matière d’allaitement, il devrait y avoir autant d’accompagnements différents qu’il y a de femmes, de parents.

Il y aura celles et ceux qui n’auront besoin de rien ni de personne, prenant une chose, un jour,  après l’autre, se soutenant mutuellement, serrant les dents parfois, et menant, cahin-caha, leur bonhomme de chemin. D’autres  voudront prouver à la terre entière (conjoint et proches inclus) qu’elles sont capables de s’en sortir très bien toute seule et que, quoiqu’il arrive, cela marchera parce qu’il le faut. D’autres encore  auront juste envie d’être rassurées dans ce qu’elles entreprennent et se rendront vite compte qu’elles s’en sortent vraiment bien. D’autres enfin auront besoin d’être très entourées car rien ne se passe comme elles l’avaient imaginé et elles sont désemparées.

flyer

Quand on accompagne l’allaitement, ce n’est donc pas toujours facile de trouver la juste distance, ni trop, ni trop peu. C’est peut-être cela qui rend si difficile l’approche de l’allaitement : certes,  il y a des règles de base à connaître mais, au final, rien n’est gravé dans le marbre ; rien n’est clair, net et précis ; rien n’est vraiment scientifique, mesurable, quantifiable… J’aime à dire qu’il ne s’agit pas d’une science exacte (ni d’une science tout court d’ailleurs) et que, quand problème il y a, c’est ensemble, avec les parents, que nous menons l’enquête, que nous cherchons des pistes pour améliorer les choses. Parfois, on peut tâtonner avant de trouver la solution, parfois aussi le temps devient un allié puisqu’il permet que les choses s’installent d’elles-mêmes, et seule la présence empathique de l’accompagnant  fera la différence.

Alors, quand on cherche à être accompagnée, comment faire pour trouver ce qui nous conviendra ? Je ne le dirai jamais assez : avant tout S’INFORMER, auprès de sources fiables. Je risque de ne pas être très objective en citant celles-ci, mais une fois encore je revendique ma subjectivité.

  • Les associations de soutiens de mères à mères. Elles sont d’une richesse informative et humaine incroyable. Qu’il s’agisse de soutien virtuel (de nombreux sites et groupes Facebook sont très actifs), direct (par le biais de réunions mensuelles ou par des permanences téléphoniques) ou par leurs bibliographies étoffées, elles ont dans mon cœur une place toute particulière. C’est une véritable chaîne humaine (bien souvent féminine évidemment même si le père à toute sa place) qui s’est mis en place depuis de nombreuses années. On y prend ce qui nous plait, on laisse de côté ce qui ne nous convient pas, et peu à peu on construit son propre modèle d’allaitement. Pour n’en nommer que quelques-unes en France : www.lalecheleague.fr, www.lllfrance.org, www.solidarilait.com etc… Souvent elles sont décriées, malmenées, critiquées : les femmes qui les font vivre défendent l’allaitement, on ne peut pas leur demander d’être dans la mesure… Plus qu’extrémistes, je pense qu’elles sont (que je suis ;)) extrêmement passionnées (je signe et je persiste sur cette affirmation) ! Le site de la Cofam (Coordination Française de l’Allaitement maternel http://www.coordination-allaitement.org/) recense grand nombre d’elles et peut vous aider à en trouver une proche de chez vous.
  • Les consultants en lactation IBCLC ( www.consultant-lactation.org), métier méconnu en France. Il en existe en libéral, en PMI, en structure hospitalière (mais souvent on ne donne pas à ces derniers la possibilité de travailler correctement avec les mères). Cet agrément doit être recertifié tous les 5 ans pour être validé, soit par formation continue, soit en repassant l’examen. En Amérique du Nord, notamment, un véritable partenariat s’est installé entre ces professionnels et le corps médical, pour le plus grand bien des mères et de leurs bébés.
  • Enfin, parmi les professionnels de santé, exclusivement ceux qui se sont formés et se forment régulièrement à l’allaitement : sages-femmes, médecins généralistes, pédiatres. Pour les connaître ? Le bouche à oreille avant tout ; ensuite un petit truc visuel auquel prêter attention : la couleur du soutien se découvre dès l’entrée dans la salle d’attente ou le cabinet ; présence ou non d’affiches et de lectures sur l’allaitement maternel, présence ou non de sous-main, porte-crayons ou calendrier à l’effigie de marques de laits artificiels mais aussi possibilité ou non de donner à téter à bébé pendant l’acte médical, possibilité ou non de donner à téter dans la salle d’attente (si si c’est du vécu : une maman que je connais s’est retrouvée, après la consultation, avec son bébé dans un petit cagibi où se trouvaient les fournitures ;( ).

Finalement, le plus important c’est de se sentir en confiance avec les personnes qui nous entourent dans cette aventure, peu importe leur fonction et leur titre. En ayant toutefois auparavant fait un tri des informations qui relèvent du mythe et de celles qui sont réalité : des mythes peuvent malheureusement aussi être véhiculés par les personnes les mieux intentionnées du monde… Pour cela, pas besoin de multiplier les lectures : un ou deux livres complémentaires peuvent suffire en première approche. Pour ma part je conseille « L’allaitement malin » de Véronique Darmangeat, IBCLC collection Quotidien Malin et « L’allaitement comprendre et réussir » du Dr Jack Newman et  deTeresa Pitman.

Et pour vous : quel a été le meilleur accompagnement ?

Et le papa dans tout ça ?

L’autre jour, une jeune maman me faisait part de sa difficulté à apaiser son bébé le soir autrement que dans ses bras, au sein. Le papa se sentait impuissant et inutile puisque bébé « préférait » Maman. L’âge du nourrisson ? 6 semaines.

Seulement 6 semaines depuis que le bercement continuel s’était soudainement arrêté ; 6 semaines depuis que la rencontre de toute une vie avait débuté. Si on y réfléchit bien, qu’est-ce que 6 semaines, 3 mois, 6 mois voire 18 mois ou plus, au regard d’une vie entière ?

Peu et beaucoup à la fois. Peu parce que le temps passe à une vitesse phénoménale durant cette période, au rythme tout aussi incroyable des changements de bébé …. Beaucoup parce que l’on peut avoir hâte de dormir de manière plus continue, de voir se transformer les gazouillis en paroles, et les longues périodes de sommeil diurnes en joyeuses interactions.

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Papa peut aussi se sentir mis de côté, s’il a déjà vécu ainsi la période de grossesse, heureux mais légèrement envieux. J’ai un scoop pour vous : hommes et femmes ne sont pas égaux ; les uns peuvent faire des choses que les autres ne vivront jamais et vice-versa. Et ce n’est pas près de finir cette histoire. Pareil pour l’allaitement : c’est la suite naturelle de la grossesse (j’ai un peu de mal avec ce mot, allez savoir pourquoi…) et nous avons des attributs spécifiquement féminins qui nous permettent de la vivre. En plus, c’est pratique parce qu’il y a tout en un (enfin, en deux…) : alimentation, réconfort, câlins. Avouez qu’il y a de sacrés bonnes raison d’être  envieux de cela non ?

Alors comment faire pour trouver sa place en tant que Papa ? Au moment même où je commençais à écrire ce billet un « papallaitant » (comme il se nomme lui-même, cette « espèce » existe, allez voir sur Internet) a eu la bonne idée de m’envoyer son témoignage (Merci Emmanuel !) dont j’extrais ces quelques lignes : « Je pense que l’allaitement renforce les liens, pas seulement entre une mère et son enfant donc, mais aussi dans un couple car c’est un mode de vie familial, il est important que le père fasse partie de l’allaitement, et il est important qu’il COMPRENNE QUE C’EST IMPORTANT. Ce que j’aime en tous cas dans « notre » allaitement, c’est que j’en suis acteur et moteur aussi, et que c’est quelque chose que je vis, pas que je « vois vivre » ».

Concrètement qu’est-ce que cela donne un papa qui vit l’allaitement ? Il « protège » la bulle mère-bébé des remarques et présences intrusives ; il a une confiance totale dans la capacité de sa compagne à nourrir leur enfant, même dans les périodes de doutes et de difficultés ; il prend le relais dès que possible en promenant, câlinant, donnant le bain ; il ne baisse pas les bras même s’il ne comprend pas tout et n’y connait rien en allaitement : il aide sa compagne à trouver les ressources adéquates.

S’il vous plaît, Messieurs, votre rôle auprès de votre compagne et de vos enfants est primordial : acceptez seulement qu’il ne ressemble pas très vite à ce que vous aviez imaginé. Laissez du temps au temps ; ne cédez pas aux sirènes de notre société qui voudraient imposer l’autonomie quasi-immédiate à nos tout-petits. Comme imposer aux parents la place idéale de parents idéaux dès les premières heures de bébé.

Que chaque membre de cette nouvelle famille accepte de prendre le temps de l’apprivoisement.

Pour les mamans qui donnent le biberon

bébébiberon

Surprenant, étrange, bizarre, dérangeant… employer le mot biberon dès mon deuxième article, sur un blog consacré exclusivement à l’allaitement ! Et en plus m’adresser à des femmes qui n’allaitent pas ! Vraiment du grand n’importe quoi non ? Je ne trouve pas. Mon désir secret (qui ne l’est plus trop dès à présent) c’est de parler allaitement à toutes les femmes (en fait… aussi aux hommes…). C’est aussi de ne pas alimenter la « bataille » pro biberon vs pro allaitement. Entendons-nous bien : je refuse également de faire du « politiquement » correct. Il n’y a pas à être « pour » ou « contre » l’allaitement : le lait maternel est l’aliment normal du nourrisson. Il est sûrement davantage question d’avoir envie, ou pas envie d’allaiter. Et de pouvoir faire un choix véritablement éclairé, muni d’informations objectives et validées scientifiquement. Je pense tout autant à  ces femmes qui se sont battues pour allaiter et qui n’y sont pas parvenu, en raison d’un manque total d’accompagnement adéquat, ou bien encore parce qu’elles ou leur bébé rencontrent une difficulté physiologique avérée (cas plus qu’extrêmement rare). Elles peuvent toutes, malgré ou grâce à leur histoire individuelle, devenir de précieux relais d’information sur l’allaitement pour tous ceux qui les entourent.

Alors, j’ai envie de m’adresser à l’ensemble de ces mamans qui donnent le biberon pour leur présenter ce qu’elles peuvent s’attendre à lire ici et ce qu’elles ne trouveront jamais sur ce blog. Et de ce fait, peut-être leur donner malgré tout envie de me lire, pourquoi pas aussi envie de partager ce qu’elles liront : ambitieuse la fille, voire présomptueuse… Sans doute, mais qui ne tente rien n’a rien. Lire la suite

Points de départ

Il y a quelques temps, alors que je m’excusais auprès d’une médecin généraliste (titulaire d’un Diplôme Inter Universitaire Lactation humaine – allaitement maternel, détail qui n’en est pas un) d’être aussi bavarde, elle m’a répondu « Ne vous inquiétez pas, je sais combien il est agréable de parler d’allaitement en toute liberté ! ». Cette remarque m’a tout à la fois apaisée et interpelée : et oui, en France, il y a finalement peu de lieu où l’on peut parler d’allaitement « en toute liberté ». Aujourd’hui, je me lance  donc et je décide d’en parler tout mon saoul, sur le ton qu’il me plaira d’employer, avec mes coups de cœurs et mes points sur les i, mes tristesses et mes fous rires, mes ras-le-bol et mon enthousiasme. Vous l’aurez compris, il n’y aura rien de scientifique ici (même si ma formation de base en allaitement est évidemment validée) mais plutôt des émotions et du vécu ; j’écrirai en fonction de mes inspirations du moment, des rencontres que j’aurai faites, des échanges que j’aurai eus. Rien de bien linéaire donc, que du sinueux, du spontané, de l’intuitif. Lire la suite