« Tu l’allaites encore ? !!! »

Je vais approximativement citer une phrase que j’apprécie particulièrement, et dont la maternité revient au Docteur Edwige Antier, pédiatre : « En France, quand une femme allaite à la naissance c’est une bonne mère, après 3 mois c’est une héroïne, après 6 mois, il faut qu’elle aille chez le psy. » Tout est dit. Pourquoi, bon sang, ne laisse-t-on pas vivre les femmes comme bon leur semble dans ce pays ?

christel&delphine_02Il y a quelques temps de cela, lorsque j’ai posté ici mon article adressé à Madame Badinter, je me suis vue reprendre, à juste titre, sur les préconisations de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) telles que je les avais formulées. J’avais écrit « jusqu’aux 2 ans de l’enfant » alors que le texte exact est « jusqu’à l’âge de 2 ans, voire au-delà en fonction du souhait des mères. »

De nombreuses femmes disent « ne pas se sentir » d’allaiter un enfant qui marche. Elles en ont totalement le droit et nul n’a à juger le chemin choisi par chacune.

La seule question que l’on peut se poser serait, est-ce vraiment un ressenti qui leur appartient, ou un interdit posé par le regard de la société française sur l’allaitement d’un « grand » enfant ? (D’ailleurs à partir de quel âge un enfant devient-il « grand » ? Quand il tient assis ? Quand il a des dents ? Quand il marche ? Quand il mange toutes sortes d’aliments ?) Cela ne dérange personne de voir un bambin qui prend son biberon au petit-déjeuner ou au goûter, ou qui se promène à longueur de journée avec sa tétine en bouche (que ce soit celle du biberon ou de la sucette). C’est peut-être là qu’est le problème : associer le sein à une tétine, la femme à un objet. C’est bien mal connaître l’allaitement de bambin. On n’allaite pas un « grand » comme on allaite un nourrisson : les besoins de l’un et de l’autre diffèrent ; l’un doit se nourrir fréquemment, l’autre est dans la découverte à la maison, à la crèche, ou à l’école… Tout en continuant  d’apporter à ce dernier des éléments nutritifs adaptés, l’allaitement devient au fil du temps, de plus en plus, une forte source de réconfort et de réassurance.

Ne le nions pas, et c’est un bienfait, un lien particulier peut unir une maman et son enfant allaité. Mais est-ce forcément de l’ordre de la fusion « castratrice », « étouffante », « nocive » dès que l’enfant grandit, comme on peut souvent l’entendre dire ? J’ai vu et ai eu ( ! ) des bambins allaités qui sont partis à l’école sans sourciller dès le 1er jour ; d’autres qui ont eu plus de mal à s’adapter à la vie en collectivité. Pareil pour des bambins qui n’étaient plus allaités. Alors, serait-ce l’allaitement long l’unique responsable de tels comportements, ou bien simplement le caractère de chaque enfant, son histoire familiale, se manière propre de vivre tout changement ?

Une chose est certaine : je n’aurais jamais imaginé allaiter « un enfant qui marchait ». Je ne me voyais pas en « open bar » vers lequel trottinait bout d’chou pour se servir à volonté. Pourtant je l’ai fait. Bien au-delà du « raisonnable »… Mais à ma manière ; avec les limites qui me correspondaient et que j’ai posées à mes enfants. C’est cela que j’aimerai voir un jour en France : que chacune fasse EXACTEMENT ce qu’elle a envie de faire, en vivant son allaitement au jour le jour, et que tous trouvent cela normal.

Je continue à rêver…

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« Mon pédiatre m’a dit que…»

Vous la connaissez cette phrase au pouvoir incroyable ? Elle permet d’agir avec une grande liberté sous le regard bienveillant de votre entourage. Vous doutez ? Avec un peu d’imagination vous allez comprendre…

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  • « Mon pédiatre m’a dit que je ne prendrai jamais trop souvent mon bébé dans mes bras » ;
  • « Mon pédiatre m’a dit que mon lait était très riche et convenait à tous les besoins de mon bébé » ;
  • « Mon pédiatre m’a dit qu’il était important pour sa santé de ne pas laisser pleurer mon bébé »;
  • « Mon pédiatre m’a dit que mon bout de chou de 18 mois avait bien de la chance de continuer à recevoir du lait de sa maman » ;
  • « Mon pédiatre m’a dit que partager la chambre avec mon bébé était le mieux pour le repos de toute la famille » ;
  • « Mon pédiatre m’a dit que le lait maternel se conservait bien plus longtemps que 48H. et qu’il était préférable que vous me le rendiez au lieu de le jeter» ;
  • « Mon pédiatre m’a dit que c’était normal que mon bébé se réveille encore la nuit, que c’était physiologique» ;
  • « Mon pédiatre m’a dit que même si je ne lui donnais qu’un peu de mon lait, c’était toujours mieux que rien, que ça avait au contraire beaucoup de valeur»;

Impressionnant la façon dont cette femme ou cet homme, à la parole quasi « divine », a le don de dire exactement ce que vous pensez. C’est évidemment clair pour vous : il s’agit là d’un personnage fictif qui peut être d’un grand soutien pour continuer à agir exactement comme bon vous semble avec vos tout-petits. Cette affirmation permet quasiment systématiquement de couper court à toute remarque que vous jugez déplacée. Non, non, je ne vous invite aucunement à mentir, juste à utiliser une image pour communiquer sur vos façons d’être parent et les rendre crédibles aux yeux des autres. Oui, l’image sacrée du « pédiatre ».

Vous avez aussi la version « ma sage-femme », un peu moins convaincante, malheureusement. Pour l’heure encore, j’ai la tristesse de vous annoncer que celle « ma consultante en lactation » n’a absolument aucune valeur… un jour peut-être…

Petite question : avez-vous conscience, Mesdames et Messieurs les pédiatres du pouvoir illimité que vous détenez ? Qui dit pouvoir, dit obligation… Obligation de s’informer pour bien transmettre, obligation de passer le relais quand on ne sait pas, obligation de ne baser son discours que sur des preuves irréfutables et non sur des croyances. J’ai donné ici un pouvoir positif à cette phrase, mais que de dégâts elle peut aussi créer… J’ai le regret de le constater tous les jours.

 

« Passe le au « bibi », ce sera plus simple ! »

Ah ce fameux, « bibi », « bib », « biberon » ! Si simple et si magique… Loin de moi l’idée de vouloir alimenter la « guerre » biberon vs sein : elle est totalement stérile, inutile et infondée. Le biberon est un outil qui peut rendre de grands services et celui qui l’a inventé a plutôt eu une bonne idée. Je ne serais même pas là pour en parler s’il n’avait pas existé (heu… remarquez, je dis n’importe quoi, j’aurais alors sûrement été allaitée 😉 ) J’ai seulement envie que l’on arrête d’énoncer le plus sérieusement du monde des vérités qui n’en sont pas.

La simplicité, signifie pour moi que l’on va droit au but, que l’on ne s’embarrasse pas de contraintes en tout genre, que l’on se pose le minimum de questions pour parvenir à son objectif.

bibrieurDans un certain sens, oui, le biberon est plus simple : on achète ce qu’il faut, on suit des recommandations précises sur une quantité de lait et un nombre de repas, et roule jeunesse ! Bébé est nourri. Dans un autre… j’ai vraiment du mal à y voir quoi que ce soit de simple : acheter et donc choisir (biberons, tétines, lait en poudre), chauffer, vérifier, donner, jeter, laver, puis recommencer au repas suivant ; que des verbes d’action qui me donne le tournis.

On ne m’ôtera pas de l’idée qu’allaiter est un truc de grosse paresseuse. Donc, d’une simplicité déconcertante.

Imaginez un peu, bébé numéro 1 arrive d’ici quelques semaines, et déjà vous vous dites, « finies les grasses matinées, terminés les week-end décidés au dernier moment, les nuits tranquilles, et puis tout ce bazar dont il faut s’équiper… », bref vous voyez bien quelque part tout le côté déplaisant de la belle aventure qu’est l’accueil d’un nouveau-né. Mais bon, c’est comme ça, il faut y passer, et puis c’est tout.

Et bien non, vous pouvez aussi imaginer les choses différemment.

Certes, bébé se réveille la nuit (je rappelle juste en passant que c’est totalement PHYSIOLOGIQUE et que jusqu’au moins 4 à 5 ans un enfant n’a pas le même rythme de sommeil qu’un adulte, qu’il soit allaité ou non) mais il suffit à maman de « rouler » d’un côté ou de l’autre, d’ouvrir un œil, de rassasier bout d’chou et hop ! C’est reparti pour un tour de sommeil. Quant à papa, lui, il n’a même pas à bouger une oreille et le lendemain il sera tout frais pour prendre la relève à un moment ou un autre. Si vous n’êtes décidément pas du matin ? Même scénario que pour la nuit et même nouveau plongeon dans les bras de Morphée 1 ou 2 heures de plus, en tout cas au cours de la première année. Pour ce qui est des escapades imprévues, aucun souci, quelques couches dans un sac et c’est parti !

Bref, allaiter, c’est simple. Sauf que cela ne l’est pas forcément dès le début, que cela peut être difficile, déroutant, effrayant même. Toutefois, le fait de savoir que cela peut devenir quelque chose de banal, facile et… simple fait luire une lumière là-bas, tout là-bas, au bout du tunnel. Une lumière qui donne envie de tenir bon, de chercher à ce que tout s’apaise, de trouver une solution, sa solution, celle qui convient à toute la famille. Je vous assure que le jeu en vaut la chandelle.

Une mention toute spéciale pour ces femmes qui ont choisi (ou parfois subi le fait) de « tire-allaiter » : tirer leur lait et le donner au biberon. Je ne peux que saluer leur persévérance et leur énergie tant leur tâche est loin d’être des plus simples…

 

 

Inexium, Gaviscon… je vous mets autre chose ?

Je vous informe d’une épidémie absolument épouvantable qui touche tous les bébés de manière générale, mais j’ai l’impression qu’elle est encore plus présente chez les bébés allaités : le RGO. Qu’est-ce que ce truc là ? C’est contagieux ? Le Reflux Gastro Oesophagien. A priori ce n’est pas contagieux puisque « mécanique » or il y a comme une épidémie qui se propage pourtant depuis plusieurs années. A toute épidémie, ses molécules chimiques toutes puissantes qui en règlent « magiquement » les symptômes : des médicaments.

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Je pense que vous sentez ma pointe d’agacement. Loin de moi l’idée de dire que le RGO n’existe pas. De nombreux bébés en souffrent véritablement comme de nombreux bébés sont multi-allergiques, allergies très souvent cause de RGO. Des bébés qui vont mal et dont les mamans ne sont pas prises au sérieux parce qu’elles allaitent et que tout ce qui ne va pas bien chez leur bébé est « la faute de l’allaitement », non celle d’une éventuelle difficulté physiologique chez leur enfant. Des parents qui ont vécu cela pourront, je l’espère apporter leur témoignage en complément de ces lignes.

Aujourd’hui je m’intéresse plutôt à ces « bébés RGO » qui ont eu le malheur qu’on leur appose très rapidement cette étiquette. Parce qu’ils pleurent beaucoup, parce qu’ils sont énervés pendant la tétée, parce qu’ils se tortillent et semblent souffrir après la tétée. Visiblement ils ne vont pas bien. Ils ont besoin d’aide, tout autant que leurs parents douloureusement impuissants. Mais cette aide doit-elle forcément être médicamenteuse ?

Je me souviens de cette amie, il y a très longtemps, alors que nos bébés avaient 3 mois qui me disait « c’est dingue le nombre de médicaments qu’ils prennent à cet âge ! » et moi de la regarder avec certainement une lueur d’incompréhension dans l’oeil en répondant un « heuuuuu, j’sais pas » peu soutenant.

Je me souviens aussi  plus récemment de ce bébé dont la maman, encore à la maternité disait, « mon deuxième bébé RGO »… Comme si c’était le deuxième petit brun, ou la deuxième petite fille ! En discutant, je lui ai proposé de laisser du temps à son nourrisson pour trouver ses marques. Il venait juste de débarquer parmi nous et il ne rentrait pas aussitôt dans un moule ? Rien de plus normal non ? Je vais encore une fois reprendre une de mes phrases favorites : bien souvent le temps est un allié en matière d’allaitement ; 8 jours plus tard, la maman reconnaissait que son tout petit n’avait rien d’un « bébé RGO »…

Dans mes consultations allaitement il m’arrive  bien sûr de voir des bébés tendus, clairement mal à l’aise ; alors, avec leurs parents, je cherche des pistes… Comment se passe la journée ? Est-ce qu’il semble agité ainsi après chaque tétée ? Qu’en est-il des tétées de nuit ? Y a t-il des allergies dans la famille ? Pouvez-vous me raconter sa naissance ? Quelle est votre position d’allaitement favorite ? Pouvez-vous me décrire une tétée ? Etc, etc… Cela prend certes du temps. Un temps précieux pour écouter, accueillir, accompagner, envisager différentes solutions. Un temps qui permet d’aller à la rencontre de cet inconnu qu’est le nouveau-né. Ensemble nous ne manierons pas une baguette magique qui aplanira toutes les difficultés, mais ensemble nous tenterons d’aller à la découverte de la cause plutôt que de stopper l’effet systématiquement à l’aide de la chimie.

  • Pour information, les éléments diffusés auprès du grand public donnent la posologie de l’Inexium, sur prescription médicale, uniquement pour adultes et enfants de plus de 12 ans, pour les enfants à partir de 1 an, il faut consulter la notice. Rien donc sur les nourrissons…
  • Quant au Gaviscon, voici la posologie habituellement recommandée auprès du grand public, toujours sur prescription médicale :
    – Nourisson de 4 à 18 mois: 2,5 ml de suspension buvable Nourrisson après    chacun  des 4 repas.
    – Nourisson de 2 à 4 mois : 2 ml de suspension buvable Nourrisson après chacun des 5 repas.
    – Nourisson de 1 à 2 mois : 1,5 ml de suspension buvable Nourrisson après     chacun des 5 repas.
    – Nouveau-né de 0 à 1 mois : 1 ml de suspension buvable Nourrisson après     chacun des 6 repas.

         Ce qui sous-entend que bébé est réglé comme une horloge suisse dans le rythme              de ses tétées… 

Bon, maintenant il faut qu’il MANGE

J’ouvre une parenthèse avant d’en venir au cœur de mon sujet, aujourd’hui la diversification alimentaire : (désolée pour mon absence ces dernières semaines : je ne cesse de parler allaitement par l’intermédiaire du livre et de l’exposition « A chacune son chemin pour un allaitement paisible » et j’ai du mal à reprendre mon souffle pour me mettre à écrire… Je vais faire en sorte de renouer avec mon rythme hebdomadaire et remercie d’avance les personnes qui me lisent régulièrement pour leur indulgence) parenthèse refermée !

Et bien oui il faut qu’il mange ce bébé, que les choses sérieuses commencent enfin, parce qu’avant, il faut bien le dire, c’était de la franche rigolade… Je plaisante bien sûr. J’avoue que j’ai moi-même longtemps eu du mal lorsqu’une maman allaitante me disait « il a mangé à telle heure » ; « il veut encore manger, c’est normal ? », tellement pour moi manger et téter étaient deux actes différents. Ou plutôt tellement l’action de téter dépassait largement le cadre de l’alimentation : évidemment bébé se nourrit en tétant, mais il fait simultanément tant d’autres choses, se rassurer, se consoler, humer de bonnes odeurs, se soigner, se faire câliner, s’endormir, etc. Il fallait de ce fait à mon cerveau une fraction de seconde pour comprendre que manger signifiait téter… Un peu idiot non ? Du coup il n’est peut-être pas étonnant que beaucoup de personnes imaginent également, dans un sens moins positif, que téter ce n’est pas vraiment manger.

bébécuillèreRappelons deux points qui me semblent important :

  1. le lait, quel qu’il soit (j’ai toutefois une large préférence pour le lait maternel ;)) reste l’aliment principal du petit humain jusqu’aux alentours de ses 1 ans ; la diversification est donc au départ davantage une découverte de nouvelles textures (et goûts pour les bébés non nourris au lait maternel) qu’un moyen de se nourrir et de grossir.
  2.  L’OMS invite les mamans du mondes entier à allaiter leur bébé exclusivement jusqu’aux 6 mois de celui-ci.

De plus en plus souvent, je rencontre des femmes à qui « on » (je n’insisterai pas sur l’identité du « on », j’espère réussir à y revenir dans un prochain article) dit qu’il est bon de commencer la diversification dès 4 mois. Sans forcément qu’il y ait une argumentation à cela. J’ai même lu récemment « il est important que bébé ait goûté le maximum de choses entre 4 et 7 mois »… Parfois j’ai l’impression qu’il y a un joyeux amalgame entre ce qui est dit par les instances officielles et ce que certains professionnels de l’agro-alimentaire aimeraient qu’il se passe dans la réalité. On parle par exemple effectivement de « fenêtres d’opportunité » entre 4 et 7 mois pour l’introduction de gluten ou d’aliments allergènes dans certaines familles au terrain allergique avéré. Et hop tout le monde s’engouffre dans ces fenêtres qui se transforment en portes voire en immenses baies vitrées ! Lire la suite

J’allaite ou j’allaite pas ?

Enceinte depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois, notre tête fourmille de questions en tout genre. Celle-ci peut en faire partie. Ou pas.

Je m’explique. Soit pour nous l’allaitement s’impose comme une évidence parce que toutes les femmes de notre famille l’ont fait et que cela nous semble logique à l’issue de la grossesse ; ou bien parce que l’on s’est renseignée, on a lu, on en a parlé autour de nous et que la raison nous fait penser que « c’est le mieux pour le bébé » ; ou bien enfin parce c’est une évidence un point c’est tout pour une cause qui nous est totalement inconnue, peut-être par esprit de contradiction (c’est ce qui m’est arrivée alors que cela fait belle lurette qu’on n’allaite plus dans ma famille…) .

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Soit pour nous le « non-allaitement » est un fait indiscutable ; parce que notre entourage ne nous a rapporté que des mauvaises expériences, douloureuses, contraignantes et donc peu encourageantes ; parce que l’idée même d’utiliser notre corps pour cela nous répugne, on ne sait pas vraiment pourquoi, mais c’est comme ça ; parce que cela nous semble normal, plus facile, plus pratique. Bref, on donnera le biberon sans hésiter.

Et puis il y a toutes les femmes qui ne savent vraiment, vraiment pas que faire en la matière, et pour lesquelles cette question est permanente.

S’INFORMER

Que l’on soit dans une certitude totale quant à notre décision (envie ou pas envie) ou dans un brouillard des plus opaques, je ne peux qu’inviter chacune à S’INFORMER avant l’arrivée de bébé. S’informer cela ne veut pas dire seulement discuter avec la bonne copine, la mère ou la voisine, lire ce qu’en dit la presse « familiale », ou prendre pour argent comptant ce qui nous est dit à la maternité. Non, s’informer véritablement pour faire un choix véritablement éclairé c’est aller bien au-delà de tout ça. C’est lire des livres ou revues consacrés exclusivement à l’allaitement, écrit par des personnes formées à la question ; c’est participer, en dehors de toute structure médicale, à des rencontres de soutien de mères à mères pour y piocher ce qui nous convient, voir ce que vivent les autres, et nous faire ensuite notre propre idée ; c’est faire éventuellement appel à un professionnel de l’allaitement (IBCLC ou DU d’allaitement) pour avoir une personne ressource à contacter si besoin.

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Alors, il fait ses nuits ?

Elle résonne encore à vos oreilles cette petite phrase ?

De la grand-mère bien intentionnée au commerçant attentif, du collègue de travail railleur, à la bonne copine agacée de voir ses amis fatigués, tous l’ont à la bouche cette question qui nous mine. Faisons grâce à bébé de quelques semaines : elle commence souvent seulement aux alentours des 1 mois pour ne presque plus s’arrêter… Si bébé est au biberon on va chercher des causes multiples et variées : « il fait ses dents » ; « il a eu une journée agitée » ; « il a mal au ventre », etc.

Quand on allaite, je vous assure que c’est beaucoup plus simple : parce que s’il ne « les fait pas » ces satanées nuits, c’est bien évidemment de la faute de l’allaitement. Lait pas assez riche, mauvaises habitudes prises, trop de proximité, j’en passe et des meilleures, des fausses bonnes raisons d’accuser l’allaitement de nos nuits agitées.

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A tous je vais dire un truc : un enfant n’a le même rythme de sommeil qu’un adulte pas avant…, cela va dépendre, 4 ou 5 ans… C’est PHYSIOLOGIQUE. Il y aura bien sûr les exceptions qui confirmeront la règle et dormiront dès la maternité 5 heures d’affilé (ça c’est une nuit pour un nourrisson, pas pour ses parents 😉 Attention, bébé allaité qui fait ainsi sa nuit aussi vite peut ne pas se nourrir suffisamment. Vigilance absolue nécessaire !), ceux qui les feront à 2 ou 3 mois et puis… se réveilleront à nouveau 2 mois plus tard, ceux qui mettront longtemps, longtemps, trop longtemps pour leurs parents. Puis tous ceux qui ne cesseront de faire des allers retours entre des plages de sommeil courtes et longues.

Je ne cesserai de me répéter : nous sommes tous différents. Pour le sommeil c’est la même chose, il y a les gros et les petits dormeurs ; ceux qu’un vol de papillon réveillent et ceux qui « dorment comme un bébé »  (curieuse cette expression non ?) même à côté d’un marteau-piqueur.

Alors comment survivre me direz-vous ? Peut-être en imaginant des solutions transitoires qui permettent à tous d’avoir un temps de repos optimal : une chambre familiale par exemple, où grands et petits DORMENT ; un matelas posé au sol dans la chambre de l’enfant pour finir sa nuit avec lui, peut-être pendant qu’il joue de son côté (si si c’est possible, quand on est fatigué, fatigué, fatigué) ; des matelas de camping qui surgissent ponctuellement dans la chambre des parents pour les enfants plus grands ; ou encore un enfant qui va dormir (mieux) avec ses frères et sœurs plus grands. L’important c’est de dormir, peu importe où et comment car la fatigue est la source de toutes les tensions.

L’avantage avec l’allaitement (et oui, je ne peux parler ici que de ce que je connais…) c’est quand même que tout est en un et que tout est prêt immédiatement : lait à bonne température bien sûr, mais aussi réconfort et câlins (ne me faites pas dire ce que je ne pense pas une seconde : évidemment que réconfort et câlins sont possibles avec un biberon mais il faut avant s’être levé pour le préparer, il faut le tenir un minimum et puis… pour peu qu’il soit mal fermé…). Bref, j’ai même réussi à faire des « grasses » matinée avec des petits (heu… levée à 9h. 9h30, n’exagérons rien !) simplement en nous rendormant l’un contre l’autre.

Alors s’il vous plait cessez de vous dire que votre enfant n’est pas « dans la norme » ; cessez de penser que vous faites mal. Oui, oui et oui, un bébé c’est une merveilleuse aventure mais une merveilleuse aventure EPUISANTE. Je défie tous ceux qui ont été chercher le grand frisson à l’autre bout du monde, à un rythme effréné, dans des conditions extrêmes, de revenir indemnes du voyage dans la parentalité.

Partageons nos manières de vivre nos nuits avec (malgré ?) nos petits, pour que chacune, chacun, y puise des idées et trouve sa manière nocturne de se reposer…enfin.

PS désolée pour mon silence ces dernières semaines mais je parle beaucoup allaitement par ailleurs et le temps me manque : très bientôt des nouvelles à ce sujet. Merci.