Bon, maintenant il faut qu’il MANGE

J’ouvre une parenthèse avant d’en venir au cœur de mon sujet, aujourd’hui la diversification alimentaire : (désolée pour mon absence ces dernières semaines : je ne cesse de parler allaitement par l’intermédiaire du livre et de l’exposition « A chacune son chemin pour un allaitement paisible » et j’ai du mal à reprendre mon souffle pour me mettre à écrire… Je vais faire en sorte de renouer avec mon rythme hebdomadaire et remercie d’avance les personnes qui me lisent régulièrement pour leur indulgence) parenthèse refermée !

Et bien oui il faut qu’il mange ce bébé, que les choses sérieuses commencent enfin, parce qu’avant, il faut bien le dire, c’était de la franche rigolade… Je plaisante bien sûr. J’avoue que j’ai moi-même longtemps eu du mal lorsqu’une maman allaitante me disait « il a mangé à telle heure » ; « il veut encore manger, c’est normal ? », tellement pour moi manger et téter étaient deux actes différents. Ou plutôt tellement l’action de téter dépassait largement le cadre de l’alimentation : évidemment bébé se nourrit en tétant, mais il fait simultanément tant d’autres choses, se rassurer, se consoler, humer de bonnes odeurs, se soigner, se faire câliner, s’endormir, etc. Il fallait de ce fait à mon cerveau une fraction de seconde pour comprendre que manger signifiait téter… Un peu idiot non ? Du coup il n’est peut-être pas étonnant que beaucoup de personnes imaginent également, dans un sens moins positif, que téter ce n’est pas vraiment manger.

bébécuillèreRappelons deux points qui me semblent important :

  1. le lait, quel qu’il soit (j’ai toutefois une large préférence pour le lait maternel ;)) reste l’aliment principal du petit humain jusqu’aux alentours de ses 1 ans ; la diversification est donc au départ davantage une découverte de nouvelles textures (et goûts pour les bébés non nourris au lait maternel) qu’un moyen de se nourrir et de grossir.
  2.  L’OMS invite les mamans du mondes entier à allaiter leur bébé exclusivement jusqu’aux 6 mois de celui-ci.

De plus en plus souvent, je rencontre des femmes à qui « on » (je n’insisterai pas sur l’identité du « on », j’espère réussir à y revenir dans un prochain article) dit qu’il est bon de commencer la diversification dès 4 mois. Sans forcément qu’il y ait une argumentation à cela. J’ai même lu récemment « il est important que bébé ait goûté le maximum de choses entre 4 et 7 mois »… Parfois j’ai l’impression qu’il y a un joyeux amalgame entre ce qui est dit par les instances officielles et ce que certains professionnels de l’agro-alimentaire aimeraient qu’il se passe dans la réalité. On parle par exemple effectivement de « fenêtres d’opportunité » entre 4 et 7 mois pour l’introduction de gluten ou d’aliments allergènes dans certaines familles au terrain allergique avéré. Et hop tout le monde s’engouffre dans ces fenêtres qui se transforment en portes voire en immenses baies vitrées !Lire la suite « Bon, maintenant il faut qu’il MANGE »

J’allaite ou j’allaite pas ?

Enceinte depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois, notre tête fourmille de questions en tout genre. Celle-ci peut en faire partie. Ou pas.

Je m’explique. Soit pour nous l’allaitement s’impose comme une évidence parce que toutes les femmes de notre famille l’ont fait et que cela nous semble logique à l’issue de la grossesse ; ou bien parce que l’on s’est renseignée, on a lu, on en a parlé autour de nous et que la raison nous fait penser que « c’est le mieux pour le bébé » ; ou bien enfin parce c’est une évidence un point c’est tout pour une cause qui nous est totalement inconnue, peut-être par esprit de contradiction (c’est ce qui m’est arrivée alors que cela fait belle lurette qu’on n’allaite plus dans ma famille…) .

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Soit pour nous le « non-allaitement » est un fait indiscutable ; parce que notre entourage ne nous a rapporté que des mauvaises expériences, douloureuses, contraignantes et donc peu encourageantes ; parce que l’idée même d’utiliser notre corps pour cela nous répugne, on ne sait pas vraiment pourquoi, mais c’est comme ça ; parce que cela nous semble normal, plus facile, plus pratique. Bref, on donnera le biberon sans hésiter.

Et puis il y a toutes les femmes qui ne savent vraiment, vraiment pas que faire en la matière, et pour lesquelles cette question est permanente.

S’INFORMER

Que l’on soit dans une certitude totale quant à notre décision (envie ou pas envie) ou dans un brouillard des plus opaques, je ne peux qu’inviter chacune à S’INFORMER avant l’arrivée de bébé. S’informer cela ne veut pas dire seulement discuter avec la bonne copine, la mère ou la voisine, lire ce qu’en dit la presse « familiale », ou prendre pour argent comptant ce qui nous est dit à la maternité. Non, s’informer véritablement pour faire un choix véritablement éclairé c’est aller bien au-delà de tout ça. C’est lire des livres ou revues consacrés exclusivement à l’allaitement, écrit par des personnes formées à la question ; c’est participer, en dehors de toute structure médicale, à des rencontres de soutien de mères à mères pour y piocher ce qui nous convient, voir ce que vivent les autres, et nous faire ensuite notre propre idée ; c’est faire éventuellement appel à un professionnel de l’allaitement (IBCLC ou DU d’allaitement) pour avoir une personne ressource à contacter si besoin.

Lire la suite « J’allaite ou j’allaite pas ? »

Un livre de photos sur l’allaitement : pourquoi faire ?

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Voilà, il est né le « bébé » que Laura Boil, photographe, et moi-même, consultante en lactation IBCLC, avons concocté pour vous depuis presque 2 ans. Il est tout beau, tout blanc, tout noir et blanc, tout en douceur, comme nous l’avions imaginé. Il s’appelle « A chacune son chemin pour un allaitement paisible » et c’est la maison d’édition « Un autre reg’art », si bien nommée, qui lui a donné vie. Evidemment nous ne sommes pas objectives mais nous sommes fières de notre travail et nous serions profondément touchées qu’il puisse plaire au plus grand nombre.

Alors, oui, pourquoi un tel livre, ni guide pratique, ni « beau » livre condamné aux rayonnages d’une étagère de présentation ?

Pour parler d’allaitement à tous.

Pour montrer des situations quotidiennes, des moments difficiles, d’autres plus apaisés.

Pour écarter définitivement du regard de chacun des mythes et des idées reçues (du genre : « Pas possible d’allaiter quand on est malade, quand on a des jumeaux, quand on a débuté avec un biberon, quand on reprend le travail, quand on voyage, quand on veut que le papa participe, etc. ») qui ont encore trop la vie dure.

Pour aller chatouiller la curiosité des unes et des autres et peut-être leur donner juste l’envie de se dire « finalement pourquoi pas ? » ou en tout cas l’envie de s’informer un peu plus qu’elles ne l’auraient fait initialement.

Pour ouvrir la discussion sur le sujet de l’alimentation du nourrisson, sans férocité, sans agressivité, mais dans le respect du chemin de chacune, quel qu’il soit.

Bref, un livre de photos sur l’allaitement maternel dont nous rêvons qu’il passe de mains en mains, pour contribuer, à notre niveau, au fait que l’allaitement reprenne la place banale qui devrait encore être la sienne dans notre quotidien. Pour contribuer aussi au fait que chacune puisse avoir envie de s’informer quelle que soit son histoire personnelle ou celle de sa famille. Que chacune puisse suivre son propre chemin sans prêter attention aux regards des autres.

A vous de voir… mais si vous l’aimez merci de le laisser vagabonder des uns aux autres ; merci de le prêter, de l’offrir, de le transmettre. Vous ferez ainsi de notre rêve, une réalité.

Pour se le procurer, c’est ici ! Merci à vous.

Alors, il fait ses nuits ?

Elle résonne encore à vos oreilles cette petite phrase ?

De la grand-mère bien intentionnée au commerçant attentif, du collègue de travail railleur, à la bonne copine agacée de voir ses amis fatigués, tous l’ont à la bouche cette question qui nous mine. Faisons grâce à bébé de quelques semaines : elle commence souvent seulement aux alentours des 1 mois pour ne presque plus s’arrêter… Si bébé est au biberon on va chercher des causes multiples et variées : « il fait ses dents » ; « il a eu une journée agitée » ; « il a mal au ventre », etc.

Quand on allaite, je vous assure que c’est beaucoup plus simple : parce que s’il ne « les fait pas » ces satanées nuits, c’est bien évidemment de la faute de l’allaitement. Lait pas assez riche, mauvaises habitudes prises, trop de proximité, j’en passe et des meilleures, des fausses bonnes raisons d’accuser l’allaitement de nos nuits agitées.

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A tous je vais dire un truc : un enfant n’a le même rythme de sommeil qu’un adulte pas avant…, cela va dépendre, 4 ou 5 ans… C’est PHYSIOLOGIQUE. Il y aura bien sûr les exceptions qui confirmeront la règle et dormiront dès la maternité 5 heures d’affilé (ça c’est une nuit pour un nourrisson, pas pour ses parents 😉 Attention, bébé allaité qui fait ainsi sa nuit aussi vite peut ne pas se nourrir suffisamment. Vigilance absolue nécessaire !), ceux qui les feront à 2 ou 3 mois et puis… se réveilleront à nouveau 2 mois plus tard, ceux qui mettront longtemps, longtemps, trop longtemps pour leurs parents. Puis tous ceux qui ne cesseront de faire des allers retours entre des plages de sommeil courtes et longues.

Je ne cesserai de me répéter : nous sommes tous différents. Pour le sommeil c’est la même chose, il y a les gros et les petits dormeurs ; ceux qu’un vol de papillon réveillent et ceux qui « dorment comme un bébé »  (curieuse cette expression non ?) même à côté d’un marteau-piqueur.

Alors comment survivre me direz-vous ? Peut-être en imaginant des solutions transitoires qui permettent à tous d’avoir un temps de repos optimal : une chambre familiale par exemple, où grands et petits DORMENT ; un matelas posé au sol dans la chambre de l’enfant pour finir sa nuit avec lui, peut-être pendant qu’il joue de son côté (si si c’est possible, quand on est fatigué, fatigué, fatigué) ; des matelas de camping qui surgissent ponctuellement dans la chambre des parents pour les enfants plus grands ; ou encore un enfant qui va dormir (mieux) avec ses frères et sœurs plus grands. L’important c’est de dormir, peu importe où et comment car la fatigue est la source de toutes les tensions.

L’avantage avec l’allaitement (et oui, je ne peux parler ici que de ce que je connais…) c’est quand même que tout est en un et que tout est prêt immédiatement : lait à bonne température bien sûr, mais aussi réconfort et câlins (ne me faites pas dire ce que je ne pense pas une seconde : évidemment que réconfort et câlins sont possibles avec un biberon mais il faut avant s’être levé pour le préparer, il faut le tenir un minimum et puis… pour peu qu’il soit mal fermé…). Bref, j’ai même réussi à faire des « grasses » matinée avec des petits (heu… levée à 9h. 9h30, n’exagérons rien !) simplement en nous rendormant l’un contre l’autre.

Alors s’il vous plait cessez de vous dire que votre enfant n’est pas « dans la norme » ; cessez de penser que vous faites mal. Oui, oui et oui, un bébé c’est une merveilleuse aventure mais une merveilleuse aventure EPUISANTE. Je défie tous ceux qui ont été chercher le grand frisson à l’autre bout du monde, à un rythme effréné, dans des conditions extrêmes, de revenir indemnes du voyage dans la parentalité.

Partageons nos manières de vivre nos nuits avec (malgré ?) nos petits, pour que chacune, chacun, y puise des idées et trouve sa manière nocturne de se reposer…enfin.

PS désolée pour mon silence ces dernières semaines mais je parle beaucoup allaitement par ailleurs et le temps me manque : très bientôt des nouvelles à ce sujet. Merci.

« Qui » de la sucette (tétine, « suce ») ou du sein a été « inventé » en premier ? ? ?

Comme pour tout ce qui touche à la petite enfance il y a les farouchement contre la sucette et les tout aussi fermement pour. Chacun pour des raisons bien argumentées et totalement défendables.

Tosse

En ce qui me concerne je me rangerais plutôt dans la catégorie des « non-fans » sans qu’il y ait la moindre raison scientifique à cette position. D’abord pour une question purement esthétique : voir un tout petit tout mignon « décoré » par un machin en plastique qui lui mange le visage heurte ma soif d’harmonie ! Ensuite, je me dis qu’un enfant décide lui-même de mettre ou non un doigt à la bouche, alors que la mise de la sucette est une volonté extérieure qui lui est imposée, tout au moins lorsqu’il est nourrisson ; cela va à l’encontre de mon envie d’écouter les besoins des bébés. (J’ai entendu dire qu’au Québec elle était appelée « silencieux », est-ce vrai ? Si c’est le cas, cela montre que parfois elle répond davantage aux désirs des parents que du bébé ;)). Enfin, il me semble que plus tard un bambin ayant besoin de ses deux mains pour partir à la découverte du monde, il utilise son pouce dans les seuls moments qui lui sont réellement nécessaires mais pas en jouant ou en explorant. Et puis… sa bouche est libre pour qu’il s’exprime comme il le souhaite !

Tout ceci ne m’a pas empêchée de passer de longs moments avec mon petit doigt dans la bouche de bébé pour répondre à un besoin de succion exigeant…

Et sa santé bucco-dentaire vont s’insurger les « pro » sucette ? Ben… il y a l’allaitement bien sûr ;). Voir à ce sujet des informations variées dans l’article de Muriel Defrenne,(Dr en chirurgie-dentaire, consultante en lactation IBCLC, formatrice Am-f, animatrice LLL France), Allaiter Aujourd’hui n°92.

Ceci étant dit, mon propos aujourd’hui n’a pas pour volonté de « diaboliser » ce qui est quasiment devenu dans nos sociétés le symbole des bébés. Mais plutôt de faire en sorte que la sucette soit utilisée à bon escient car elle peut avoir un impact réel et négatif sur l’allaitement.

J’ai envie de partager avec vous cette histoire qui m’a profondément marquée, puisqu’il s’agit de ma toute première consultation en tant que consultante en lactation IBCLC, il y a quelques années de cela. Une maman m’appelle à l’aide car son médecin veut qu’elle donne des compléments à sa fille de 2 mois en raison d’une faible prise de poids. Au téléphone, toute heureuse de ce premier rendez-vous, je ne prends pas vraiment conscience de la gravité de la situation, et comme je suis allergique aux chiffres, je ne retiens pas celui qui m’a été donné. Quand je vois bébé arriver, bien active, éveillée, mais sans joues rondes et potelées la réalité me rattrape : alors que la prise de poids était correcte le premier mois, Pitchounette a pris 30 g au cours du 2ème mois… 30 g seulement en 1 mois … Pour vous faire une idée, un bébé prend, en moyenne, 25 à 30 g. par jour ! ! ! Je commence à évoquer l’idée que les compléments sont vraiment nécessaires parfois et nous passons en revue ce qui a changé dans le mois précédent.

Très vite, je comprends d’où peut venir le problème : l’entourage a commencé à dire à la maman qu’elle prenait son bébé trop souvent dans les bras, qu’elle lui donnait de mauvaises habitudes, qu’elle lui donnait trop fréquemment à téter, qu’il fallait que la petite prenne la sucette pour apprendre à rester seule dans son lit. (Faisons abstraction du fait que je trouve ces paroles déplacées pour un petit bébé de 1 mois qui jusqu’à peu était bercé et nourrit 24/24 par sa maman.) Cette manière de faire, observée à la lettre par les parents pensant que c’étaient eux qui avaient tort, a conduit à une prise de poids catastrophique.

Un nourrisson peut confondre son besoin de s’alimenter et son besoin de succion : en premier lieu il est primordial de répondre au premier ; proposer le sein aux signes d’éveil est l’une des bases d’un allaitement réussi. Utiliser la tétine, seulement après des tétées efficaces, est la base d’une bonne cohabitation allaitement / sucette.

Après qu’ils aient entendu les informations que j’avais à leur transmettre pour inverser la tendance (augmenter le nombre de tétées, veiller à leur efficacité, veiller aux signes d’éveil, limiter et même supprimer pour un temps la sucette et donner un complément au sein par le biais d’un DAL* de préférence ou d’un biberon donné après chaque tétée) les parents décident de ne pas complémenter leur fille et de mettre en place mes autres propositions. Malgré tout inquiète de cette décision, je n’ai pu m’empêcher de les rappeler tous les 2 jours pour savoir comment les choses se passaient. Le poids augmente peu à peu et 7 jours plus tard le verdict tombe : 290 g pris en 7 jours !

Durant tout le dernier mois sans prise de poids, bébé était calme, ne pleurait pas, n’inquiétait pas ses parents : il avait fréquemment la sucette en bouche… Elle n’est pas seule responsable de la situation ; c’est son utilisation excessive qui est en cause. Heureusement que la lactation de la maman s’était bien installée car elle aurait aussi pu accuser une baisse de production en raison du manque de fréquence des tétées. Un problème de poids en aurait entraîné beaucoup d’autres…

Et vous, comment vous servez-vous de la tétine ? Ponctuellement ? Jamais ?Systématiquement ? Partageons nos manières de faire pour donner des idées aux uns et aux autres ! Sans rentrer s’il vous plaît dans le débat stérile du pour ou contre 😉

*DAL : Dispositif d’Aide à la Lactation qui permet de complémenter tout en laissant bébé au sein.

Fais pas ci, fais pas ça !

Quelques jours ou semaines de repos passés en famille ou entre amis : l’occasion rêvée de découvrir des manières de vivre parfois diamétralement opposées aux nôtres. On en revient « reboostés », dégoûtés, épuisés ou simplement heureux de retrouver son propre cocon, ses propres repères. C’est aussi l’occasion de confrontations entre les générations, entre les « avec enfants » et les « sans enfant », les systèmes éducatifs « stricts » ou plus souples … pas toujours facile à vivre pour tous ces moments là…

Faispasci

Me vient alors à l’esprit toutes les remarques que doivent essuyer les toutes jeunes mamans de la part de leur entourage, voire de parfaits inconnus.

Avez-vous remarqué que dès que l’on tombe enceinte on tombe également dans le « domaine public » ? Les uns et les autres se permettent de nous faire des remarques sur tous nos actes de la vie quotidienne : notre alimentation,  le moindre de nos gestes, notre façon de nous comporter, sont susceptibles de commentaires et de diktats péremptoires (« Tu ne devrais pas manger ça » ; « Quoi tu bois une goutte de champagne, tu es inconsciente » ; « Arrête de te donner comme ça pour ton boulot » ; « Tu es folle, tu n’as pas arrêté TOUTES les cigarettes ?»*) jusqu’à venir même poser sa main sur notre ventre rebondi (non mais ! Cela vous viendrait à l’idée de faire ce geste incongru sur une jeune femme au ventre tout plat ?).

Comme je parle ici d’allaitement, évidemment j’ai une pensée émue vers toutes ces femmes allaitantes de nourrissons qui entendent à longueur de vacances des affirmations bien trempées, prenant leur source dans une ignorance totale de ce qu’est l’allaitement maternel. Une petite liste non exhaustive de telles déclarations :

  • en période de fortes chaleurs, « Tu dois lui donner de l’eau, il va se déshydrater » ; «Il mange encore ? » ; « Il faut que tu boives beaucoup d’eau pour avoir du lait »; (Rapidement : le lait maternel est composé à 98% d’eau … Quand il fait chaud tout le monde boit souvent, même les bébés ! Le lait se fabrique à partir du sang pas à partir de l’eau que l’on boit, souvent on peut avoir davantage soif, il est donc important de répondre à ses besoins, ni plus, ni moins.)
  • « Arrête de lui proposer tout le temps le sein, il va devenir capricieux et prendre de mauvaises habitudes » ; « Donne lui une tétine, c’est bien mieux pour lui et pour toi » (A noter : un nourrisson tète, en moyenne, 8 à 12 fois par 24h ce qui est le meilleur moyen de bien lancer une lactation ; un tout petit peut confondre son besoin de succion et son besoin de s’alimenter, la tétine est donc à manier avec précaution au tout début.)

J’en passe et des meilleures… Si la maman a déjà vécu une expérience d’allaitement positive, elle sera, parfois, suffisamment sûre d’elle pour ne pas écouter ces propos. S’il s’agit de son premier bébé, elle aura tellement peur de mal faire qu’ils peuvent avoir un impact dévastateur sur sa confiance et sur son allaitement.

Alors jeunes mamans, n’hésitez pas : armez-vous d’un compagnon qui vous soutient à 200 %, d’un groupe de soutien de mères à mères, d’une « bible pratique allaitement » à laquelle vous vous référez en priorité (cf les livres de Véronique Darmangeat ou de Marie Thirion) voire aussi d’une consultante en lactation IBCLC ,et laissez glisser sur vous tout ce que les « autres » disent sur votre allaitement.

Maintenant que vous voici de retour chez vous, soufflez un grand coup, et faites exactement ce qu’il vous semble juste de faire : proposez le sein aux signes d’éveil, câlinez votre petit autant que vous le souhaitez, mangez ce qui vous fait plaisir, retrouvez votre rythme à vous. C’est vous qui savez en priorité ce qui est bon pour bébé, d’autant plus que vous avez pris le temps de vous informer bien avant que les autres ne vous disent ce que vous devriez faire.

Bonne reprise à tous !

*Attention, je n’encourage absolument pas à boire de l’alcool et fumer en étant enceinte ou en allaitant : il me semble seulement juste de voir en toute femme, enceinte ou non, une personne responsable, capable de prendre ses décisions en pleine conscience, sans avoir besoin de chaperons d’aucune sorte.

Parler d’allaitement en photos

Je fais une petite pause écriture avant de faire une vraie pause estivale : aujourd’hui je vais seulement vous donner des nouvelles de l’exposition photo que j’ai créée et dont j’ai déjà parlé ici « A chacune son chemin pour un allaitement paisible ». C’est ma pratique quotidienne qui m’a donnée envie de parler d’allaitement à tous et la rencontre avec Laura Boil, photographe, (www.lauraboil.com) a été déterminante pour choisir le comment : ce sera la photographie. Par le biais d’une exposition et d’un livre.

  • Voici une vidéo (4mn) qui présente notre projet et  un appel à un soutien sonnant et trébuchant (de 5 euros en 5 euros toute aide est utile), il ne reste plus que 4 jours pour concrétiser cette aide : http://fr.ulule.com/achacunesonchemin/  Vous verrez que nous avons d’ores et déjà atteint notre objectif initial ce qui est absolument génial, mais comme nous avons envie de déplacer des montagnes, nous espérons le dépasser encore…donc n’hésitez pas pour le petit coup de pouce ! (vous aurez plus de détail en consultant les news).
  • Voici un article et des photos en exclusivité sur le site du journal Famili http://www.famili.fr/,images-exclusives-a-chacune-son-chemin-pour-un-allaitement-paisible-une-expo-sur-l-allaitement-maternel,474384.asp#close
    Achacune
  • Enfin, le livre « A chacune son chemin pour un allaitement  paisible » paraîtra en octobre aux éditions « Un autre reg’art ». C’est le Dr Marc Pilliot, pédiatre, membre fondateur de l’IHAB France, ancien président de la COFAM, qui en assure la préface.
    Les photos de ce livre montrent la réalité de l’allaitement maternel, dans sa diversité et sa simplicité : il ne s’agit pas d’un guide pratique, plutôt d’un parcours visuel artistique qui sert de prétexte pour aborder de multiples aspects très concrets de l’allaitement. Il diffuse donc aussi des informations validées et déboulonne, en douceur, bon nombre de mythes ou d’idées reçues sur le sujet.
    Cet ouvrage s’adresse bien entendu aux parents et futurs parents intéressés ou s’interrogeant sur l’allaitement maternel, mais il a également pour objectif , tout comme l’exposition, d’interpeler des personnes qui ne sont pas forcément dans l’immédiate parentalité, jeunes et plus âgés, voire personnes âgées, futurs parents potentiels et grands-parents actuels, en l’inscrivant dans une question de société.
    Cadeau d’une mère à sa fille, d’une femme à sa sœur, sa cousine ou son amie, « A chacune son chemin pour un allaitement paisible» se transmet de l’une à l’autre pour aiguillonner la curiosité et initier des réponses à leurs questions.

Voili voilà. Ce sera tout pour aujourd’hui. Je vous retrouve dans quelques semaines parce que j’ai encore beaucoup beaucoup de choses à écrire sur l’allaitement… A venir : les diktats qui nous tombent dessus quand on tombe… enceinte ! 😉

Allaiter ça fait maaaaal…

Même pas vrai !

Attention : il n’est pas question que je nie ici la douleur vécue pas les femmes qui allaitent (ou essaient d’allaiter). Elle serait d’autant plus intense que l’émotion ressentie ne serait pas accueillie et reconnue. Donc, douleur il y a bien trop souvent. Et bien trop souvent, il y a cette petite phrase assassine : « Vous avez mal ? C’est normal, ça va passer. » Non ça n’est pas forcément normal. Et oui ça va passer, ou PEUT-ETRE PAS…

En fait, allaiter ne DEVRAIT PAS faire mal. Si douleur persistante il y a, il est primordial de ne pas l’accepter et d’en chercher la cause afin d’explorer des pistes pour la soulager au plus vite.

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Nous sommes tous différents face à la douleur, ce qui ne fait de personne une « douillette » ; les unes et les autres ont simplement un ressenti différent et ce qui semble être un « simple bobo» pour l’une va être vécu comme quelque chose d’insupportable par d’autres. Et vice versa. J’utilise volontiers une échelle de 1 à 10 pour évaluer comment la femme vit sa douleur. Notion qui reste malgré tout très subjective mais permet de rendre un peu plus concret le « ça fait mal ». Qu’il y ait un temps d’adaptation des seins, je veux bien, ils sont habitués à des caresses beaucoup plus douces que la succion d’un nourrisson ! (J’invite tous ceux qui n’ont jamais allaité à mettre leur petit doigt bien propre dans la bouche d’un bébé qui demande à téter : le message sera clair…) Donc une période de douleur « normale » est possible (et non obligatoire) durant environ 1 à 2 semaines ; je la situe aux alentours de 2, maximum 3, sur l’échelle d’évaluation, mais encore une fois cela va dépendre de chacune. Quoiqu’il en soit, pour moi, en aucun cas elle ne devra dépasser 3. Elle ne doit pas être insoutenable, faire venir les larmes, l’appréhension totale (« Encore ? Il faut encore que je lui donne ?»), la tension et… les rougeurs puis crevasses.

Les crevasses ne sont pas un passage obligé : elles sont le résultat d’un frottement inadéquat sur la peau si fragile des mamelons. Elles sont aussi la porte d’entrée de joyeusetés dont il vaut mieux se passer (infections en tout genre). On a donc tout intérêt à ne pas les laisser s’installer. Parfois bébé doit apprendre (dès sa naissance) à ouvrir grand la bouche, d’autres fois sa succion désorganisée pour X raisons va lui demander aussi un temps d’apprentissage, quelque fois il y peut y avoir une difficulté physique qui l’empêche de prendre le sein correctement (freins de langue ou de lèvres trop serrés, par exemple, problème qui peut être résolu). Il y a beaucoup d’autres raisons d’avoir mal. Rarissimes sont celles qui ne trouveront aucune solution. Pour peu que la mère soit bien accompagnée et soutenue.

Le temps peut également être un allié dans le traitement de la douleur : les seins s’habituent, bébé grandit et apprend vite, maman aussi est plus à l’aise dans sa manière de s’installer, de le positionner, dans ce qu’elle voit faire à bébé, dans ce qu’elle sait qu’elle peut accepter ou non.

Je terminerai avec un petit coup de… colère. Il m’est arrivée d’accompagner des femmes qui évaluaient leur douleur lors de la toute première tétée de leur bébé à… 8 ou 9 ! Et elles l’ont entendu LA petite phrase citée plus haut. J’ai été là pour « ramasser la casse ». Pour certaines, les aider à sevrer parce qu’après 3 semaines à ce régime là (3 semaines, vous vous rendez compte ? A raison de 8 à 12 tétées par 24 h… C’est odieux !) même si l’on voit ensemble ce qui peut être mis en place (bien souvent un meilleur positionnement de la bouche de bébé sur le sein) elles n’ont plus l’énergie de se battre et c’est complètement humain ! Nous n’avons pas à nous sacrifier pour nos enfants et à serrer les dents en attendant que cela passe. Oui, je suis triste pour toutes ces mamans qui n’auront pas pu vivre ce qu’elles voulaient. Pour toutes celles qui ont abandonné vite et puis qui ont puisé en elles suffisamment d’énergie pour se lancer dans une relactation, pour tout recommencer à zéro. Pour toutes celles qui n’essaieront même pas d’allaiter, parce que leurs copines, mères, sœurs, voisines, cousines leur ont tellement dit que l’allaitement ça faisait horriblement mal. Pour tous ces bébés qui boiront peu (et dans de mauvaises conditions) ou jamais du lait de leur maman.

Alors que peut-être, sans doute, une présence, un soutien adéquat, une écoute non minutée dans les toutes premières heures de rencontre avec bébé aurait pu faire toute la différence…

Tout ce qu’il est impossible de faire avec l’allaitement…

Et que bien entendu de nombreuses femmes font quand même ! ! !  

Pourquoi y arrivent-elles ? Peut-être juste parce que, féminisons la phrase de Mark Twain, « elles ne savaient pas que c’étaient impossible alors elles l’ont fait ». Peut-être parce qu’elles avaient conscience du départ que possible n’a jamais été synonyme de facile. Peut-être aussi parce qu’elles ont essayé et que ça a tout de suite fonctionné pour elles. Peut-être encore parce qu’elles et leur compagnon avaient une confiance inébranlable dans leur capacité à mener à bien leur tâche. Peut-être enfin parce qu’elles ont été soutenues et accompagnées au moment même où elles en avaient besoin.

Quoiqu’il en soit, le résultat est là : elles ont réussi à faire ce qu’elles souhaitaient pour l’allaitement de leur enfant malgré (ou grâce à ?) toutes les petites phrases décourageantes qu’elles ont pu entendre. Moi, je leur dis « chapeau ! », elles assurent vraiment ! Comme d’ailleurs tous les nouveaux parents à qui l’on assène sans compter des conseils et diktats de tout ordre dès l’annonce de la présence de bébé dans le ventre de sa maman. Bon sang mais fichons leur la paix ! ! ! Partager son expérience n’a jamais voulu dire qu’il fallait à tout prix suivre le même chemin, faire ci et ça et surtout pas à l’inverse ça et ci ! Je m’égare là…

SensRouge

Je reviens donc à mes moutons ; allons-y pour une liste « à la Prévert » de ces impossibilités qui n’en sont pas, en matière d’allaitement, des plus courantes, aux plus méconnues :

  • Nourrir son bébé exclusivement de son lait, et ce même quand il fait chaud ;
  • Reprendre le travail  et continuer à allaiter ;
  • Tomber malade et se soigner tout en poursuivant l’allaitement ;
  • Manger au restaurant ;
  • Manger du chou ;
  • Avoir une vie sexuelle épanouissante ;
  • Faire du sport ;
  • Allaiter des jumeaux ;
  • Avoir (parfois) de bonnes nuits (= plus de 5h de suite) comme tout parent de tout-petit allaité ou non ;
  • Donner son lait autrement qu’au sein ;
  • S’occuper des enfants plus grands ;
  • Aller chez le coiffeur, au cinéma, se balader dans la rue, visiter un musée, bref avoir une vie sociale et culturelle « normale » en tout cas, celle qui nous convient ;
  • Nourrir de son lait un bébé de plus de 6 mois, voire un bambin ;
  • Remettre un bébé au sein et l’allaiter exclusivement après qu’il a eu des biberons pendant plusieurs semaines ;
  • Allaiter un plus « grand » alors que l’on est enceinte et continuer si le cœur nous en dit après la naissance ;
  • Etc, etc, etc…

Je suis certaine que j’en oublie énormément. Aussi n’hésitez pas à allonger la liste et surtout : continuons à parler allaitement pour que ce geste si simple redevienne des plus banals pour tous.

Et si on parlait allaitement à la radio ?

Aujourd’hui, je vais vous parler d’allaitement « pour de vrai » : RCF Tarn m’a donné l’opportunité de m’exprimer sur le sujet et j’y suis allée avec beaucoup de plaisir. J’ai découvert un monde qui m’était totalement inconnu de ce côté-là des coulisses et pour, en plus, parler de mon sujet favori : le bonheur total !

rcf

Je vous propose ci-dessous les liens vers les émissions « Incroyables aliments » qui ont été diffusées en avril, mai et juin de cette année. Il vous suffit de cliquer sur la date de celle qui peut vous intéresser. D’accord, cela vous prendra davantage que 2 minutes de lecture (chaque émission dure 10mn) mais rien ne vous empêche de continuer à « surfer », préparer le dîner, régler les dernières factures ou câliner un petit, tout en prêtant une oreille (attentive ;)) à mes propos que j’espère intéressants. Bien sûr, je vous invite à y revenir en plusieurs fois…

Merci pour votre attention !

Emission du 21 avril 2015 Les thèmes abordés :

  • Qu’est qu’une consultante en lactation IBCLC ?
  • Où en est-on en matière d’allaitement en France ?
  • S’informer avant la naissance : les différentes ressources

Emission du 19 mai 2015 – Les thèmes abordés :

  • Qu’est-ce qu’une consultation en allaitement ?
  • La place du papa dans l’allaitement
  • Allaitement et santé publique

Emission du 23 juin 2015 – Les thèmes abordés :

  • L’exposition et le livre « A chacune son chemin pour un allaitement paisible », la SMAM
  • Allaitement et reprise du travail